La pair-aidance dans mon accompagnement
Avant d’accompagner, j’ai moi-même traversé une longue période d’errance face aux TOC mentaux, sans diagnostic. Dès l’adolescence, ces troubles se manifestaient surtout dans mes relations amoureuses : doutes envahissants, peur de l’abandon, remise en question constante de mes sentiments et/ou de ceux de mon partenaire.
Pendant des années, j’ai consulté de nombreux·ses professionnel·les et exploré différentes approches, sans trouver de réel soulagement. Ce n’est qu’en 2020, à l’âge de 30 ans, alors que j’attendais mon premier enfant, que j’ai compris que je vivais avec le TOC du couple, et que j’ai trouvé un praticien spécialisé. Mon quotidien était totalement envahi par les compulsions mentales et une angoisse constante.
Le diagnostic a marqué le début d’un long parcours thérapeutique exigeant et souvent décourageant. J’ai engagé un travail approfondi en thérapie sur plusieurs années, et me suis formée pour mieux connaître et gérer mon trouble. Ce chemin, non linéaire, m’a permis de retrouver progressivement de l’espace psychique et une stabilité durable. Aujourd’hui, je suis en rémission.
C’est en commençant à aller mieux que l’envie de mettre mon expérience au service des autres est devenue évidente : dans un contexte où les TOC sont largement méconnus et les aides bien trop rares, accompagner d’autres personnes en souffrance a fait sens et a constitué un moteur important dans ma propre rémission.
Aujourd’hui, ce parcours constitue le socle de ma posture de pair‑aidante. Traverser de l’intérieur les TOC mentaux, la confusion et la dépression qu’ils génèrent transforme profondément ma manière d’accompagner. Cela me permet, d’avoir une lecture sensible de ce que vivent les personnes concernées, sans jamais juger la confession de leurs pensées, et en considérant leur souffrance sans la condamner ni la dramatiser.
